El Kef : le rocher ! C'est, à l'horizon, une lame mauve, cyclopéenne, émergeant de la houle bleutée des monts boisés environnants et tranchant sur l'azur d'un ciel immense. La cité, vue de plus près, ressemble, sous le soleil, à l'aire d'un rapace, accrochée aux falaises cuivrées, rayées de crevasses noires, du Jebel Dyr et maculée des traînées blanches des maisons cascadant le long des pentes.
El Kef a toujours choisi la vie ! Les galets taillés au paléolithique, il y a plus de 100.000 ans, trouvés sur le site de Sidi Zin, tout proche de la ville, l'attestent. - Découverts dans les ravines en bordure du bourg, des outils et des abris sous roche néolithiques, parfois ornés de peintures pariétales, noircies hélas, par la suie de foyers récents, parfois creusés de trous alignés dans lesquels les poutres d'une toiture devaient être enfoncées le prouvent. A l'aube de l'histoire, ceux qu'on nommera Berbères ou Numides ont érigé, alentour, des dolmens et, sans doute, édifié le premier noyau urbain autour d'Aïn El Kef. La vénération actuelle de "Lalla M'na : la dame de l'eau" semble perpétuer le culte d'un génie antique, protecteur de cette source.